Jeudi 15 avril

Il sort de plus en plus de sa zone de confort
Aujourd’hui, il s’est risqué à quitter son canapé
Pour la méridienne qui lui fait face

Pieter Brueghel l’Ancien, Le Pays de Cocagne, 1567

Mardi 13 avril

 « L’art est le terme sous lequel nous désignons une activité mentale dont l’exercice permet à l’espèce humaine d’affronter sa mortalité afin de tirer de cet affrontement même un surcroît de vie et de durée. »

Bernard Noël

En hommage à Bernard Noël, disparu aujourd’hui à l’âge de 90 ans.

Samedi 10 avril

« Aucun des gestes de Monsieur Knott ne pouvait passer pour caractéristique sinon peut-être celui qui consistait en l’obturation simultanée des cavités de la face, les pouces dans la bouche, les index dans les oreilles, les auriculaires dans les narines, les annulaires dans les yeux et les majeurs, aptes en temps de crise à activer la cérébration, posés contre les tempes. »

Samuel Beckett

Choi Xooang, Artiste sculpteur Coréen né en 1975

Dimanche 4 avril

Agenda Ironique Avril

Cause toujours, tu m’intéresses
Tout ce qui cause m’intéresse
Tout ce qui communique m’ennuie

Je vous propose pour l’agenda ironique d’avril trois tableaux évoquant une rencontre, des dialogues, du langage, de la parole…

vous pourrez vous en inspirer (un seul ou les trois) pour imaginer un récit, des dialogues, un poème, un haiku etc…(l’agenda ironique semble laisser pas mal de latitude à l’inspiration)
avec comme contraintes de placer la phrase « cause toujours, tu m’intéresses », et quelques jeux de mots:
Anagrammes, boutades, homophonies voire un marabout ou un trompe-oreilles.
Et puis, tiens, une citation de votre choix à mêler au texte.
Le tout avant le 30 avril, sans dépasser un rayon de 10 km autour de votre stylo, clavier, burin, pinceau etc…


Gustave_Courbet_-_Bonjour_Monsieur_Courbet_-_Musée_Fabre
Gustave Courbet, Bonjour Monsieur Courbet, 1854

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Edward Hopper, chop suey, 1929

Henri Matisse, La conversation, 1908

Vendredi 26 mars

Le vent léger pousse vers moi les feuilles mortes de l’année passée
Elles courent légères et printanières
Ont-elles droit à une deuxième chance?

Simon Hantaï, 1964 (248 x 219 cm), Private collection. © Archives Simon Hantaï

Mercredi 24 mars

« Me sera-t-il permis de répéter que la bibliothèque de mon père a été le fait capital de ma vie? La vérité est que je n’en suis jamais sorti. »

Jorge Luis Borges

Arcimboldo, Le bibliothécaire, 1562

Samedi 20 mars

Elle a succombé à son charme.
Alors qu’elle passait sous ses frondaisons comme chaque matin, ce bel arbre lui est tombé dessus.


Bryan Nash Gill, WoodCut, 2012 – « série réalisée à partir de l’empreinte encrée de troncs d’arbres découpés. Ces impressions mettent en exergue la complexité des formes, presque mathématiques, la finesse des lignes et la texture du bois qui devient purement graphique. À la manière d’une empreinte digitale, chaque impression devient individuelle, faisant apparaître une personnalité, une sensibilité à fleur de peau. »

Vendredi 19 mars

« …Et, justement, si je m’intéresse à la Chine, et au Japon, par rapport à l’Europe, c’est pour, comme je disais hier à nos amis japonais, provoquer une résistance contre ce qui serait une sorte d’uniformisation de la pensée, une pensée standard vers laquelle on va, je crois, une pensée plate parce que sans plus de tensions, avec des concepts qui seraient des sortes de dénominateurs communs, dans une langue qui serait un anglais standard, pas l’anglais de Shakespeare mais l’anglais américanisé, avec des grandes catégories : objectif/subjectif, etc., qui apparaissent faciliter la communication et qui, me semble-t-il, risquent de stériliser la pensée.
Et je ne voudrais pas que la pensée du vingt-et-unième siècle soit une pensée absolument plate parce qu’uniforme. Comment pense-t-on ? On pense par écarts. On pense par tensions. La pensée, je crois que c’est l’épreuve d’une résistance. C’est ça qui fait qu’on pense : l’épreuve d’une résistance. Sinon on ne pense pas, l’esprit est paresseux.
Et je crains que cette résistance qui relève d’écarts, comme quand on passe par exemple du français au japonais – là il y a de la résistance, de la langue, de la pensée –, progressivement s’estompe et que la pensée dite mondiale s’endorme dans des lieux communs… »

François Jullien


Kishida Ryūsei, 1891-1929. Paysage, 1915



Vendredi 12 mars

Questions existentielles

Peut-on parler de diarrhée mélancolique quand on se fait chier comme un rat mort?

En quoi un rat mort de dysenterie est-il ennuyeux?

Était-il moins barbant vivant?

Banksy, Pochoir de rat à Londres