Vendredi 16 février

Pour le moment, il ne se réveille pas. Il poursuit ses fantômes, il se vautre dans la chaleur des images que fabrique la nuit. Il y tient, il s’y accroche. C’est ce rêve là qu’il veut poursuivre, en connaître la fin. Il peut presque maintenant contrôler ce qui se passe, prolonger ce dialogue; il sait que cette phrase existe, il l’a prononcée mais pas là, pas dans cette pièce. Cette porte devrait s’ouvrir, quelque chose s’y oppose. Une forme sombre, sans visage, sans contour, sans paroles, se tient derrière. Il hurle, il sait que le son franchit ses lèvres, que son cri est hors de sa nuit. Le monde des images a fait effraction dans celui de la chambre.

Il est rejeté, expulsé du passé dans la pénombre familière. Le quotidien s’abat sur lui. C’est fini.

 

Fuseli heinrich nightmare

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