Vendredi 1er février

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile, ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

Albert Camus

 

Il ne peut se détacher, les liens se sont resserrés depuis six mois. La corde enserre plus fort ses poignets douloureux. Parfois, il entend le bruit du dehors, le son d’une autre vie que celle de reclus et d’otage et il se dit qu’il est temps de fuir. Mais il aime ses liens qui entravent ses chevilles, étouffe ses pensées. Il attend cette voix qui le berce parfois. Un sourire traverse alors la nuit de sa cellule et des yeux noirs lèvent en lui des espaces infinis. Il n’a jamais été aussi libre.

 

Franz_Von_Stuck_-_Sisyphus
Franz von Stuck, Sisyphe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s