Lundi 25 février

« Le malheur des autres ne m’a jamais consolé du mien. Les autres sont trop différents de moi, justement. Leur destinée m’est aussi étrangère que le sort des insectes. Le spectacle d’une mouche à laquelle on arrache les ailes ne saurait me réconforter. J’ai pu m’en divertir, à la rigueur, mais sans y découvrir le signe d’un ordre supérieur. La justice divine est à l’image de Dieu : elle n’existe pas.

Les autres ne me sont pas assez ressemblants, je ne m’y retrouve pas. J’avoue que je préfère les savoir heureux, par prudence. Sinon, ils deviennent dangereux. Je n’aime pas voir leur sang, non plus, ni leurs entrailles, tout ça me dégoûte. Pourtant, si quelqu’un est à plaindre, c’est moi. Les autres n’ont qu’à se débrouiller seuls. Ils n’étaient pas plus malheureux avant ma naissance, ils ne le seront pas davantage après ma mort. »

Roland Topor

 

Un monde de sonneries, de bips, de banalités assénées à voix haute dans un rectangle de plastique lumineux collé sur la joue comme un baiser froid et lointain.

Dehors le soleil s’effondre sur l’horizon dans une indifférence de fin du monde.

 

norvege-soleil-munch
Edvard Munch, Le soleil

 

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