Jeudi 5 mars

« Le cinéma, dans son expression la plus authentique, la plus profonde, est un art contemplatif. Mais quel studio risquerait aujourd’hui 1 euro ou 1 dollar sur Playtime, de Jacques Tati ; 2001 : l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick ; The Party, de Blake Edwards ; Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan ; les films d’Andreï Tarkovski ; voire Les Communiants, d’Ingmar Bergman, qui commencent par une messe protestante d’au moins cinq minutes !

Ces films-là, qui nous apprennent à voir, à entendre, qui suscitent notre regard, travaillent le temps et l’espace sans jamais chercher à nous vendre des savonnettes, disparaissent des écrans. On nous explique que ce cinéma qui se mérite, qui réclame une attention soutenue, qui allume le corps et l’esprit, repousserait le spectateur.
Quand le tempo ne bat pas assez vite, les commentateurs et les studios font chorus : il y a des longueurs ! Et la longueur — la digression, le sens de l’espace et du temps — est le grand Satan du spectateur contemporain ; un diable qui le fait fuir des salles avant de l’éloigner des écrans de télévision. »

Gérard Mordillat

 

Le pont seul comprend ce que la route dit à la rivière. Ses piles connaissent la fraîcheur de l’eau, son tablier sait la dureté du bitume.

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s