Mardi 7 avril

Son visage semble se préparer à la mort qui approche, qui est là tout prés, qui ne rode plus mais s’est installée à son chevet, elle veille sur lui, familière, dame de compagnie encore à l’essai.
Ce visage est une géographie extraordinaire; yeux, nez, bouche, oreilles, tout est là mais tout est singulier.
Des dessins étranges sont apparus, cartes d’un pays perdu aux cratères lunaires, reliefs incongrus que l’on dirait surgis de la terre qui le recouvrira bientôt.
Ce n’est pas la tête du beau vieillard si photogénique avec ses rides profondes et sages,
non, c’est celle de la mort au travail.
Et pourtant, dans ce paysage ravagé, comme bombardé, où se loge déjà la tombe à venir, deux étincelles me fixent.
Quand je réponds à ces yeux rieurs par un sourire, le vautour sautillant lourdement à coté se détourne un instant.

 

Arnold Böcklin Island_of_the_Dead,_Third_Version
Arnold Böcklin, L’île des morts

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