Dimanche 25 mai

Ma contribution à l’agenda ironique de mai.
A ce jour, six participants sont allés au musée malgré le Covid.
Le vernissage est prévu jeudi 27 et l’accrochage aux cimaises à la pentecôte.
Mais le musée reste ouvert à tous les artistes…

 

Le monde à l’envers

 

Henri Matisse, jeu de boules, Ermitage, 1908
Marius Carreau, Ça vaut triplette

Trois boules noires, trois chevelures noires, perdent ils la boule ?
Jouent ils avec leur tête, roulette provençale? pétanque ? On peut en douter, pas de cochonnet, une seule boule chacun, une distance qui n’a rien de la distanciation nécessaire à ce jeu, un boulodrome vert et ce rouge muleta qui ceint la nudité d’un joueur…
Et ce penseur en lévitation, comme posé en équilibre sur le dos de son collègue, ne fait pas très couleur locale malgré le bleu méditerranéen du haut de ce tableau sans profondeur.
Il se passe autre chose qu’une simple partie de pétanque dans ce tableau, mais quoi?

 

 

Georg Baselitz, Les demoiselles d'Olmo II 1938
Jeanine Ristretto, Vélos Lovés – « J’apprends à faire du vélo sur mes plafonds. C’est évidemment moins facile. J’ai été obligé de remettre les petites roulettes pour ne pas tomber. » Eric chevillard

Encore un pied de nez à l’équilibre. Elles sont toutes retournées, mais le bleu ciel est à sa place, en haut, le jaune solaire partout.
Ballade à vélo, deux femmes rousses nues, aux nez curieusement roux eux aussi, que ni la gravité, ni le sérieux n’atteignent.
Si on retourne le tableau, tout redevient normal, donc sans intérêt.

 

 

Bruegel Pieter, La chute d'Icare, Bruxelles, 1595, 1600, copie
Dédale de PVC, Labour toujours Labour ou Natation Désynchronisée

Ça devait arriver! la chute…
Jambes en l’air, tête dans l’eau, retourné lui aussi mais proche de la noyade notre Icare, un anti-laboureur, l’air contre la terre. La terre indifférente accueille la charrue, le berger tourne le dos au déplumé.
Chut! laisse tomber…

 

 

Yue-Minjun-untitled-1994_A4 (1)
Pierre Robès, Port de Tête

Il en perd la tête, saute sur un pied, danse morbide, danse du décapité. La tête n’est plus dans les nuages. C’est une tête ballon dans laquelle le personnage, gaucher, s’apprête à shooter.
Pour s’en débarrasser? tant elle est encombrante, lourde de souvenirs ou bien joue t-il à la marelle, un jeu macabre entre terre et ciel…
Le rire est cri, expression de douleur d’un penseur moderne, un anti-penseur dont la tête n’est définitivement plus sur les épaules.

 

 

GiacomoBalla, dynamisme d'un chien en laisse, Buffalo, 1912
Robert Doberman, La promenade du p’Titien

Seul le chien semble avoir les pattes sur terre.
Mais à bien regarder, il pourrait tout aussi bien voler ou naviguer avec sa queue hélice et ses pattes qui galèrent à ramer dans le vide.
Un nuage noir semble le tenir en laisse(s), il l’empêche de tomber, le retient, comme un cerf volant à l’envers du monde.

4 réflexions sur “

  1. Cette vision du monde à l’envers remet à l’endroit les perceptions des tableaux ! 🙂
    J’ai particulièrement aimé les belles trouvailles pour les titres et noms de peintres qui collent parfaitement aux tableaux. Bien joué Jean-Pierre !

    Aimé par 1 personne

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