Dimanche 7 juin

« Le respect est le fin mot d’une société où tout et n’importe quoi, en effet, est respectable, où chacun la ferme, où nous vivons dans une sorte de révérence universelle, de consensus béat, tout est bel et bon, et des goûts et des couleurs, pas la peine de discuter ; grâce à cela, les plus forts sont sûrs de gagner, et l’industrie de la sous-culture s’est débarrassée des gêneurs…

Il ne viendrait pas à l’idée des tenants du respect universel que respecter les gens, c’est les croire capables de s’ouvrir au débat, voire à l’humour et à l’ironie, sans se crisper sur «c’est mon choix, respectez-le ». Que ne pas les respecter, c’est précisément les considérer comme des braves imbéciles à qui on va faire avaler n’importe quoi, notamment une littérature formatée, insipide, bébête. Que le règne de la promotion universelle ne respecte qu’une chose, l’argent…

La tiédeur et la prudence sont rarement des signes d’amour. Notre époque préfère le respect à la passion. »

Pierre Jourde

 

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Victor Dubreuil, The Cross of Gold, 1896

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