Lundi 21 septembre

Je voudrais
une fête étrange et très calme
Avec des musiciens silencieux et doux
Ce serait

Par un soir d’automne un dimanche
Un manège très lent, une fine musique


Des femmes nues assises sur la pierre blanche
Se baissent pour nouer les lacets des enfants
Des enfants

en rubans et qui tirent des cerfs-volants blancs
Les femmes fredonnent un peu, leur tête penche


Je voudrais

D’éternelles chutes de feuilles
L’amour en un sanglot un sourire léger
Comme on fait

Entre ses doigts glisser des herbes
Des femmes calmement éperdues allongées


Des serpentins qui voguent comme des prières
Une danse dans l’herbe et le ciel gris très bas
Lentement.

Et le blanc et le roux et le gris et le vert
Et des fils de la vierge pendent sur nos bras


Et mourir

aux genoux d’une femme très douce
Des balançoires vont et viennent des appels
Doucement.

Sur son ventre lourd poser ma tête
Et parler gravement des corps. Le jour s’en va


Des dentelles des tulles dans l’herbe une brise
Dans les haies des corsages pendent des nylons
Des cheveux

Balancent mollement on voit des nuques grises
Et les bras renvoient vaguement de lourds ballons

Jacques Bertin

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