Samedi 24 octobre

Souvent, le silence, celui de l’attente, du désert, de la campagne autour mais aussi la plainte, les cris. Silence, on tombe.
La chute, pas seulement celle des corps mais aussi celle des paupières, des dos, des peaux transparentes.
Celle, manquante, de la phrase jamais terminée parce que le mot manque.
L’oubli, le mot qui fait défaut, puis la phrase et des pans entiers du langage s’écroulent sans fracas.
Restent les ruines du discours et, au milieu, préservés, l’humour, la fulgurance d’une réplique, un sursaut, un sourire: les dernières preuves de leur passage sur terre.

Yves KLEIN, Le Saut dans le vide, 23 octobre 1960

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