Jeudi 10 juin

Cauchemar

Pour le moment, il ne se réveille pas.
Il poursuit ses fantômes, il se vautre dans la chaleur des images que fabrique la nuit.
Il y tient, il s’y accroche.
C’est ce rêve là qu’il veut poursuivre, en connaître la fin.
Il peut presque maintenant contrôler ce qui se passe, entamer un dialogue avec cet inconnu curieusement familier.
il sait que cette phrase existe, il l’a prononcée, mais pas là, pas pour cette personne, pas dans cette pièce dont il voudrait maintenant partir, la porte surgie de l’enfance devrait s’ouvrir, quelque chose s’y oppose.
Il insiste, soudain l’ouverture brusque, violente.
Une forme sombre, sans visage, sans contour, sans paroles, se tient derrière.
Il hurle, il sait que le son franchit ses lèvres, que son cri est hors de sa nuit.
Il ne se réveille pas, pas encore.
Puis le monde des images fait effraction dans celui de la chambre.
Il est rejeté, expulsé du passé dans la pénombre familière.
Le quotidien s’abat sur lui.
C’est fini.

Johann Heinrich Füssli, The Nightmare, 1781

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