Vendredi 31 août

Blog en vacances…

“Les vacances datent de la plus haute antiquité. Elles se composent régulièrement de pluies fines coupées d’orages plus importants.”
Alexandre Vialatte

Magritte
Magritte, Les vacances de Hegel

Jeudi 30 juillet

Redif: Juin 2019

Le bitume fond et rejoint la rivière
Nous aurons une belle route aux méandres ombragés
Quand le froid reviendra

La sueur creuse des rides profondes
Sur son visage
Elle a le goût des larmes du désert

Campagne
L’odeur du foin coupé
couvre celle du gas-oil

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Gustave Guillaumet, Le sahara

Mercredi 29 juillet

Redif: Novembre 2019

« Imaginez Beethoven aveugle, quel merveilleux peintre il aurait fait! »
Eric Chevillard

Perte de vue
Me laver les yeux
A la fenêtre de l’aube
Me rincer l’œil
A l’eau des flaques grises
Vider mon regard
Dans le ciel mauve
Oublier mes yeux

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Joseph Karl Stieler, Portrait de Beethoven

Lundi 27 juillet

Redif: Juillet 2018

« On parle toujours des arrières-saisons, avec ses grands hôtels vides, aux volets clos, et ses plages désertes. L’avant-saison, c’est l’été pour moi tout seul. J’y suis […] ça a été! L’été est la seule saison qui se conjugue au passé avec ses couleurs passées, ses parasols décolorées, sa terre battue, lasse de pas perdus, et ses brises pastellisées. »
Jean-Edern Hallier


Il a le charisme d’un bulot et le QI d’une huître, ce qui le rend irrésistible auprés des palourdes.

Eugène Boudin, Plage à Trouville, 1868, Musée d’Orsay

Dimanche 25 juillet

Lève la tête, t’auras l’air d’un spationaute.

Vendredi 24 juillet

C’est l’été, la saison des rediffusions.
Déjà publié en février 2019.

Il ne peut se détacher, les liens se sont resserrés depuis six mois.
La corde enserre plus fort ses poignets douloureux.
Parfois, il entend le bruit du dehors, le son d’une autre vie que celle de reclus et d’otage et il se dit qu’il est temps de fuir.
Mais il aime ses liens qui entravent ses chevilles, étouffe ses pensées.
Il attend cette voix qui le berce parfois.
Un sourire traverse alors la nuit de sa cellule et des yeux noirs lèvent en lui des espaces infinis.
Il n’a jamais été aussi libre.

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile, ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »
Albert Camus

Franz_Von_Stuck_-_Sisyphus
Franz von Stuck, Sisyphe

Vendredi 10 juillet

« Les mots vont profond : ils murmurent dès qu’on les touche et s’ouvrent sur des paysages engloutis ; ils dévoilent souplement, dans leurs jeux, les mouvements de l’onde de la parole… ils nous noient et nous renouvellent, ils délivrent l’ancienne vie vocale engloutie. Il y a une géologie charnelle, une histoire animale, une sexualité et des jeux de séparations et d’unions vivantes en chacun des mots. L’histoire de « l’apparition de la vie par la parole » se cache dans chacune de nos langues. Chaque mot que l’on souffle se souvient que toutes les choses ont été appelées une à une. »

Valère Novarina

Vendredi 3 juillet

Les routes ne sont jamais que des rivières figées sur lesquelles glissent des barques à roues, des bateaux pneumatiques et des pédalos rayonnants.
Elles se jettent les unes dans les autres sans un bruit, irriguant la campagne et fondant leur bitume au soleil de juillet.

Isaac Lévithan, La Vladimirka (la route de vladimir) 1892