Vendredi 5 juin

                                           Gangrène

Attaqués par les virus de nos insomnies purulentes

Oubliés de nos mémoires infectées

Abandonnés par nos rêves amputés

Ne resteront de nous que les fumerolles bleues

Montant de la décomposition lente

De nos illusions boursouflées

 

AN00603872_001_l
Kobayashi Eitaku, La décomposition du corps d’une courtisane – Sixième image d’une série de neuf qui forment à l’origine un rouleau de soie long de 5 mètres (par 25 cm de hauteur) sur lequel est peint les différentes étapes de la décomposition du corps d’une courtisane.

Mercredi 2 juin

Une fois sa chemise ôtée, il eut encore chaud et commença à éplucher sa peau.
Mais, écorché, il suait encore.
Il se débarrassa de ses muscles et son squelette nu et blanc affronta la traversée du désert.
On ne retrouva que ses os.

 

hb_52.203
Georgia O’Keeffe, Cow’s Skull: Red, White, and Blue

Lundi 1 juin

Voilà le mois de juin et l’agenda ironique se doit de désigner, proposer, suggérer un successeur en ce lundi de pentecôte.

En l’absence de tableaux de vote, je dois faire une comptabilité particulière entre choix affichés, suggérés ou multiples, voire celui d’un « lecteur/non auteur » et des ceusses qui ne souhaitent pas désigner un vainqueur.
Néanmoins, après de savants calculs dont je vous épargne les détails mais qui ont nécessité des heures de travail faites de doutes, de sueurs, de larmes, de pentes, de côtes, de céphalées et de troubles musculo tendineux; je suis en mesure de vous révéler que Laurence Délis obtient trois suffrages ou apparentés, ex aequo avec Jobougon.
Carnets Paresseux en obtient deux puis un pour Patchcath, Max Louis Marcetteau et Emmanuel Glais.

Quant au mois de juin qui, c’est pas pour me vanter ne passera pas le printemps ( hommage à Pierre Desproges), c’est Laurence Délis qui, avec quatre souhaits dont le sien, aura la charge de nous proposer un thême estival.

Emmanuel Glais avec trois souhaits serait le remplaçant en cas de désistement de dernière minute. Je m’en remets à Carnets Paresseux en cas de litige ne connaissant pas tous les arcanes de l’Agenda.

Merci à tous et longue vie à l’agenda ironique et à ses fondateurs!

 

397609_1_l
Nicolas Clézio, Dilemne 2018

 

Jeudi 28 mai

                                                          Mai au musée

Voici les liens pour lire les textes de nos critiques du mois pour l’agenda ironique de mai.
Les retardataires éventuels sont bien sûr les bienvenus.
Le weekend de pentecôte permettra de coter les différentes œuvres sur le marché de l’art et  de déterminer qui s’attaquera au mois de juin, le mois de l’appel, de l’été, de la musique et du super déconfinement.

https://ledessousdesmots.wordpress.com/2020/05/04/paul-asthi-caux-artiste-peintre/
Oeuvre de Paul Asthi-Caux, né à Mine-Les-Fraises: tout un programme…

https://jobougon.wordpress.com/2020/05/06/lart-en-mots/
Oeuvre de Frédérique Mozières, disséquée joliment et même cuisinée!

https://palettedexpressions.wordpress.com/2020/05/14/la-fidelite-ou-lart-de-mouvement-passionne-chez-georgios-ilyfekuoi/
Oeuvre de Georgios Îlyfékuoi, Laurence Délis nous fait croire à son existence…

https://emmanuelglais.blogspot.com/2020/05/chute-dicone-cosy-lipogramme-en-a.html
Oeuvre de Jeff Koons de Bruges qui nous brûle les zèles par sa modernité.

https://patchcath.wordpress.com/2020/05/23/on-est-alle-au-musee-en-ce-jour-de-rentree/Oeuvres du musée imaginaire de Patchcath visité en famille.

https://wp.me/p3i9co-4gX
Oeuvre anonyme, achrome et c’est pas rien!

 

i286823014300729621._szw1280h1280_
Alfred Bramtot, « Suffrage universel » Un bureau de vote en 1891

 

N’étant pas doué pour dresser un tableau de vote pour l’heureux gagnant et un autre pour le volontaire désigné, je vous propose de voter en commentaires puis de désigner votre hébergeur de juin itou en commentaires. je tenterai une synthèse!

 

Mardi 27 mai

Attaque de train très probable ce matin gare st Jean.
J’ai eu beau tenter de convaincre les CRS en faction sur le parvis, ils m’ont ri au nez. ( Enfin je suppose, mon nez et leurs rires étant dissimulés. )
Pourtant, je les ai bien vu quai n°3,
ces sept gangsters masqués, impassibles, regardant fixement l’entrée en gare du TER n° 865012 à destination d’Angoulême.

Je vous aurai prévenu…

 

De Chirico
Georgio de Chirico, 

 

Lundi 25 mai

J’ai décidé de capturer un moustique-tigre et, pour ce faire, il me fallait un appât.
j’ai donc attaché un chèvrefeuille à un tuteur et j’attends…

 

  • chevre
    Pablo Picasso, La Chèvre, 1950

Dimanche 25 mai

Ma contribution à l’agenda ironique de mai.
A ce jour, six participants sont allés au musée malgré le Covid.
Le vernissage est prévu jeudi 27 et l’accrochage aux cimaises à la pentecôte.
Mais le musée reste ouvert à tous les artistes…

 

Le monde à l’envers

 

Henri Matisse, jeu de boules, Ermitage, 1908
Marius Carreau, Ça vaut triplette

Trois boules noires, trois chevelures noires, perdent ils la boule ?
Jouent ils avec leur tête, roulette provençale? pétanque ? On peut en douter, pas de cochonnet, une seule boule chacun, une distance qui n’a rien de la distanciation nécessaire à ce jeu, un boulodrome vert et ce rouge muleta qui ceint la nudité d’un joueur…
Et ce penseur en lévitation, comme posé en équilibre sur le dos de son collègue, ne fait pas très couleur locale malgré le bleu méditerranéen du haut de ce tableau sans profondeur.
Il se passe autre chose qu’une simple partie de pétanque dans ce tableau, mais quoi?

 

 

Georg Baselitz, Les demoiselles d'Olmo II 1938
Jeanine Ristretto, Vélos Lovés – « J’apprends à faire du vélo sur mes plafonds. C’est évidemment moins facile. J’ai été obligé de remettre les petites roulettes pour ne pas tomber. » Eric chevillard

Encore un pied de nez à l’équilibre. Elles sont toutes retournées, mais le bleu ciel est à sa place, en haut, le jaune solaire partout.
Ballade à vélo, deux femmes rousses nues, aux nez curieusement roux eux aussi, que ni la gravité, ni le sérieux n’atteignent.
Si on retourne le tableau, tout redevient normal, donc sans intérêt.

 

 

Bruegel Pieter, La chute d'Icare, Bruxelles, 1595, 1600, copie
Dédale de PVC, Labour toujours Labour ou Natation Désynchronisée

Ça devait arriver! la chute…
Jambes en l’air, tête dans l’eau, retourné lui aussi mais proche de la noyade notre Icare, un anti-laboureur, l’air contre la terre. La terre indifférente accueille la charrue, le berger tourne le dos au déplumé.
Chut! laisse tomber…

 

 

Yue-Minjun-untitled-1994_A4 (1)
Pierre Robès, Port de Tête

Il en perd la tête, saute sur un pied, danse morbide, danse du décapité. La tête n’est plus dans les nuages. C’est une tête ballon dans laquelle le personnage, gaucher, s’apprête à shooter.
Pour s’en débarrasser? tant elle est encombrante, lourde de souvenirs ou bien joue t-il à la marelle, un jeu macabre entre terre et ciel…
Le rire est cri, expression de douleur d’un penseur moderne, un anti-penseur dont la tête n’est définitivement plus sur les épaules.

 

 

GiacomoBalla, dynamisme d'un chien en laisse, Buffalo, 1912
Robert Doberman, La promenade du p’Titien

Seul le chien semble avoir les pattes sur terre.
Mais à bien regarder, il pourrait tout aussi bien voler ou naviguer avec sa queue hélice et ses pattes qui galèrent à ramer dans le vide.
Un nuage noir semble le tenir en laisse(s), il l’empêche de tomber, le retient, comme un cerf volant à l’envers du monde.

Jeudi 21 mai

Un majordome
Arrivé du Bengale
En habits rayés

Son air bonhomme
Se révéla cannibale
Mangea le préfet

Un mangeur d’homme
Sa destinée fatale
Descente de pucier

 

buren-mur-de-peinture
Daniel Buren, Mur de peintures, MAM de Paris

Mardi 18 mai

Nous sommes constitués de séquelles
De morceaux de passé rafistolés avec les vieilles ficelles de demain
De fractures immobilisées avec le plâtre jauni de statues souriantes
De cicatrices refermées au fil rouge de nos vies en pointillés
Nous sommes cuisinés de restes…